Un sentiment profond de solitude "Arielle Adda Journal des Femmes"

Arielle adda psychologue

Arielle Adda est une psychologue spécialiste des problèmes des enfants et adolescents appelés « surdoués » présentant des QI élevés (qu'elle préfère appeler « enfants doués »), et souffrant parfois de troubles émotionnels ou de problèmes d'intégration, particulièrement en milieu scolaire. Elle donne des conférences sur le sujet et participe à de nombreux colloques, tant en France qu'à l'étranger. Elle intervient aussi au sujet des adultes « doués » et de leur parcours.

Elle a travaillé en dispensaire d'hygiène sociale, en institut spécialisé et en cabinet de recrutement, et a été la psychologue référente de l'association Mensa France de 1977 à 19981.

Arielle Adda intervient également dans diverses conférences et émissions de radios, en France et à l'étranger entre 2006 et 2019. Elle a été au Liban et à L'Île Maurice2. Elle exerce aujourd'hui en qualité de psychologue libérale en cabinet.

Ses premiers écrits remontent au milieu des années 1980, d'abord dans la revue interne à l'association Mensa France, puis, plus tard, pour différents éditeurs. Dans ses livres, elle aborde des questions relatives aux enfants doués : le milieu familial, les tests (de QI et de personnalité), l'affectivité, les relations avec le milieu scolaire, l'échec scolaire chez les enfants doués non reconnus, etc., et les adultes que sont devenus les enfants doués. Elle intervient souvent dans la presse et dans des colloques publics, surtout associatifs. Depuis 2012, elle publie des chroniques régulières sur le site « Le Journal des femmes », magazine féminin en ligne3.

Elle est notamment auteur de "Le livre de l'enfant doué", aux éditions Solar et avec Hélène Catroux, "l'enfant doué, l'intelligence réconciliée" chez Odile Jacob. En 2015, elle écrit avec Thierry Brunel le livre "Adultes sensibles et doués" pour trouver sa place au travail et s'épanouir (éditions Odile Jacob), puis en 2018, l'ouvrage "Psychologie des enfants très doués", qui recense toutes les chroniques publiées sur le Journal des Femmes.. Et également "Faire le bon choix amoureux" son dernier livre, dédié a la vie amoureuse (qui peut-être délicate pour la plupart des individus) et donc encore d'avantage pour les êtres sensibles et doués. 

Ce mois-ci Arielle Adda, relate dans son dernier article sorti mi-mars sur Journal des Femmes la vie relationnelle bien difficile des enfants doués pour nouer de véritables liens amicaux, l'enfant doué est très souvent seul dans sa vie quotidienne, cette solitude semble bien pesante,  peut-être est-ce dû à l'incompréhension de ceux qui devraient comprendre le mode de pensée de ces enfants ?  Les enfants doués en général apprécient cette solitude, car ils n'aiment pas être souvent solliciter par de multiples évènements de peu d'intérêts pouvant les distrairent et troubler le cours de leur pensées..

L'article de ce mois de Mars parle du "Sentiment profond de solitude" des surdoués

Il est courant d'évoquer les difficultés rencontrées par les enfants doués pour nouer de véritables liens amicaux et, plus tard, les personnes douées ont du mal à se situer par rapport à un sentiment de solitude qui les tourmente et qu'elles ne savent comment gérer. Elles souffrent de cette solitude parfois imposée, mais elles ont aussi besoin de moments qui leur appartiennent réellement, où elles se sentent véritablement elles-mêmes sans qu'ils soient péniblement volés à une existence trop remplie.

On pourrait alors penser que les enfants doués, qui aiment tant rêver et voguer en imagination dans de gaies contrées qu'ils peuplent à leur gré, apprécient cette solitude en ce sens qu'ils n'aiment pas être constamment sollicités par toutes sortes d'événements, le plus souvent dépourvus de tout intérêt, qui les distraient et troublent le cours de leurs pensées.

Si cette solitude semble parfois pesante, malgré l'ineffable liberté qu'elle permet, ce serait parce qu'elle est créé par l'incompréhension de ceux qui devraient comprendre le mode de pensée d'un enfant doué. S'il a le sentiment qu'on le considère avec un peu d'incertitude, voire d'inquiétude, il ne peut plus s'évader en pensée, heureux et détendu, puisque cette échappée ne sera pas comprise comme une petite récréation au milieu de tant de contraintes, mais comme un signe de malaise, d'ennui profond, de désadaptation.

Cette interprétation faussée rend plus aiguë et presque douloureuse la sensation d'une solitude irrémédiable et profonde, elle serait intérieure, il ne pourrait jamais partager avec quiconque les pensées, les émotions, les sentiments qui l'animent quand il se plaît à plonger dans un univers plus chaleureux parce qu'il est sûr qu'ils ne seront pas compris. L'étonnement qu'il suscitera signifiera bien qu'il est voué à une certaine solitude, pourtant indispensable à sa vie intérieure. Y renoncer serait s'amputer d'une partie essentielle de sa personnalité, il faut alors accepter de mener une vie dont une partie devra rester secrète, parce qu'elle échappe à l'entendement de l'entourage. Il est impensable de se priver de ces moments privilégiés, ce sont eux qui permettent à sa personnalité de se construire pierre par pierre au fil des lectures, des dessins, des rêveries et même parfois de quelques écrits où sa pensée propre peut davantage prendre forme. Cette solitude-là est source de bien des joies, mais elle porte aussi en elle le germe d'une solitude désespérée puisqu'elle ne sera jamais comprise dans toutes ses dimensions par l'entourage qui s'appliquera même, au contraire, à distraire l'enfant de cet isolement qui l'inquiète.

Il s'étonne d'ailleurs d'être le seul à ressentir ce besoin au point de souffrir s'il n'est pas satisfait, il lui semble que tout être humain a besoin d'un espace, même extrêmement réduit, où il peut se retrouver sans devoir se plier à des obligations, ni satisfaire à des exigences sans intérêt. Le partager demande de sa part quantité de compromis, de sacrifices, de renoncements, toute démarche dont on peut espérer qu'elle forgera son caractère puisqu'il lui a fallu accepter des contraintes et des frustrations. Convenablement dosées, en effet, elles forgent le caractère en lui apprenant à s'adapter plus rapidement à des situations inhabituelles : il a bien fallu accepter les maladresses d'un cadet ou le sentiment d'irrémédiable supériorité d'un aîné. D'anciennes études démontraient que les aînés avaient un niveau intellectuel statistiquement plus élevé que leurs cadets, à la mesure des sacrifices qu'ils avaient dû accepter. La solitude, devenue plus rare, était alors d'autant plus douce et appréciable, elle offrait un goût inimitable, celui d'une liberté dont le manque avait été bien plus douloureux qu'on ne le croyait.

En revanche, elle devient absolument insupportable lorsqu'elle est imposée et qu'il n'y a plus le choix, parce que les autres enfants se détournent de celui qui ne leur ressemble pas complètement.

Parfois, pour ne pas aggraver cette situation, d'autant plus pénible qu'elle inquiète de plus en plus ses parents démunis, l'enfant doué se force à ressembler aux autres, il déforme son langage, il fait semblant, il se contraint globalement en adoptant l'état d'esprit d'un individu que les circonstances obligent à porter un costume qui ne lui va pas du tout, qui le serre et l'empêche de respirer, mais il n'a pas le choix.

L'impression de solitude, cette fois la pire qui soit, devient plus forte encore : il semblerait que l'effort démesuré pour éviter de se différencier ne tarde pas à épuiser celui qui s'est lancé dans une démarche qu'il pensait anodine : on se déguise, puis, de retour chez soi, on reprend ses habitudes et tout va bien. Au dehors, celui qui a fourni le costume, parce que c'était son devoir, est content, il a bien aidé cet enfant en le réprimandant pour chaque manifestation d'une personnalité trop affirmée pour son âge, donc fausse et empruntée ou copiée, il a réussi à modeler un enfant appliqué, zélé et nettement moins remuant qu'au début de l'année.

L'enfant doué s'est appliqué à refouler au plus loin ce sentiment de solitude qui le rongeait, l'inquiétait, lui faisait même peur. Si on lui demande s'il fait des cauchemars, il répond, comme tous les enfants, qu'il en faisait " avant ", quand il était plus jeune, et que maintenant c'est fini. Il préfère ne pas prêter l'oreille aux murmures qui lui rappellent combien il est agréable de laisser son imagination se promener dans des pays imaginaires, d'évoquer des héros fantastiques et de vivre des aventures étourdissantes, mais sans pouvoir en parler à personne, pour éviter de voir une lueur de perplexité dans l'œil de son interlocuteur. Même dans une rédaction, il est plus prudent de ne pas se laisser aller : soit on pensera qu'il n'est pas l'auteur de la rédaction, soit on le regardera en se demandant où a-t-il bien pu trouver ces idées, quelles sont ses lectures et qui sont ses amis en dehors de l'école.

POUR lire la SUITE de la CHRONIQUE du MOIS  c'est par ici !

Voici les cinq ouvrages dont Arielle Adda est l'auteure ou la coauteure

 

"Faire le bon choix amoureux, Les adultes doués et la quête amoureuse" vient de paraître

 

 

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"Psychologie des enfants très doués"

"Adultes Sensibles et doués. Trouver sa place au travail et s'épanouir".

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"L'enfant doué : l'intelligence réconciliée"

"Le livre de l'enfant doué : le découvrir, le comprendre, l'accompagner sur la voie du plein épanouissement"

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Date de dernière mise à jour : 17/03/2021

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